Après quelques semaines, je me reprends à faire danser mes doigts sur le clavier de ma tablette. La période n’est pourtant pas propice, réunion, meeting, conseils de classe … Pourtant quelques éléments nouveaux depuis. Après avoir travaillé depuis ces dernières semaines, avec des enseignants entrant dans le métier ou des professeurs aguerris souhaitant découvrir le phénomène tactile, voici quelques réactions qui amènent à réfléchir.
Pourquoi (ou pour quoi) se passionne t-il pour ce phénomène ?
Mes élèves, actuellement, sont des individus de la génération Y. Mais qu’est ce que cela déjà ? Je ne ferai pas un cours de sociologie ici, mais je vous laisse simplement cette petite vidéo en guise de complément d’information.
Comme les obstacles, le succès de l’émergence de cette pédagogie tactile réside dans le fait du public avec qui nous travaillons. Tout est dans la « Connexion »… Connexion entre nos élèves « Y » et nos enseignants « X ou Y » :
- Commençons par les plus jeunes d’entre eux : les professeurs stagiaires, c’est à dire ceux qui ont eu leur concours l’année précédente. Certains sont eux mêmes dans cette génération Y. Cependant, la question que je me posais ici était : « Pourquoi, en plus de créer l’ensemble de leurs cours et poursuivre leur propre formation, se lancent-ils dans l’apprentissage de l’usage de ces terminaux tactiles ?».
La réponse est selon les personnes interrogées de deux types. En voici en vidéo le contenu :
- Une réponse naturellement « Culturelle » : La tablette n’est que l’extension de son ordinateur familial et traditionnel. La tablette est considérée comme un terminal mobile qui produit des ressources numériques.
- Une réponse induite par les contraintes de l’environnement : L’usage de la tablette répond à des problématiques très pratiques : Rapidité d’allumage, poids, …
Ainsi, dans le cas des jeunes enseignants, la tablette est d’abord considérée comme une réponse naturelle à leur problématique du moment. Il faut peut-être rappeler que nos jeunes enseignants ont la charge de cours et doivent en plus continuer à se former au métier. Par conséquent, l’effet mode a moins d’influence sur eux. Ils y voient d’abord leur usage personnel aux vues de la charge de travail qu’ils doivent supporter. La culture numérique est ancrée, génération Y oblige peut-être, mais ils avouent un manque de connaissance de ce système et rêvent d’un espace de partage autour de ces technologies – Espérons à présent que le nouveau site de tablette-tactile puisse combler ce manque ! Une remarque cependant, pour enseigner aux master, les jeunes enseignants ne sont pas plus doués que leurs prédécesseurs.Par contre, ils sont plus pointus dans l’usage d’une application (souvent de type sociale : Facebook, twitter, flickr, …) mais maitrisent beaucoup moins leur environnement numérique, très peu d’entre eux savent programmer dans quelques langages quels qu’ils soient. Les enseignants en poste considèrent, pour leur part, l’outil avec plus de méfiance mais également avec beaucoup plus de curiosité.
« Est-ce que cet outil peut m’être utile pédagogiquement ? »
La question pédagogique vient souvent avant l’intérêt personnel. Ce qui pose souvent problème, pour ce public, avec ces « ardoises numériques », c’est la philosophie de travail qui va avec :
- Peu d’espace de stockage (comparer à un disque dur)
- Des ports plus limités
- Mais surtout la notion de partage omniprésente dans ces terminaux. Toutes les applications proposent systématiquement un partage (via des réseaux sociaux, via des espaces de stockages de partage distant) ou un export (vers des disques distants de type « Dropbox », sur des disques de type webDAV…)
C’est précisément ce dernier point qui constitue un obstacle, pour les enseignants qui s’y intéressent, afin de répondre à leur curiosité. La philosophie du partage ou de l’export les met donc mal à l’aise. Il nous faut faire attention à ces personnes qui sont susceptibles de ne pas monter dans ce train. Le décrochage n’est pas forcement générationnel. Pas de généralité systématique ici. Certains enseignants, même jeunes, de la fameuse génération X ne sont pas non plus en phase. A l’inverse, des enseignants à la porte de la retraite se lancent dans l’apprentissage des technologies afin de comprendre cette génération montante « connectée » (plus ou moins bien) L’obstacle est bien ici culturel. Les « vieux profs » n’ont pas d’âge !



